Changer de regard sur la communication

Abandonner la théorie d’une communication en mode « linéaire » : faute, responsabilité
C’est un mode d’action d’inspiration cartésienne : nous recherchons le fonctionnement de chaque élément pour mieux en déduire le fonctionnement global. Et nous pensons que c’est en connaissant la cause d’un problème que nous allons pouvoir le résoudre. C’est la logique d’une cause qui entraine mécaniquement un effet.

Concrètement, en cas de blocage, nous allons chercher à identifier chacun des éléments qui pourrait être à l’origine du blocage. Cela peut être un individu : le Président, un manager, un collaborateur ou encore un service. Peu importe, ce qui compte est d’identifier la personne, ou encore le groupe de personnes, qui sera désigné comme responsable du blocage de l’organisation. Cette vision qui peut être utile (il y a parfois des incompétences, des maladresses, des malveillances) montre ses limites dans beaucoup de situations, et le problème persiste au-delà de la cause identifiée.

Si nous appliquons cette même logique dans le domaine de la communication, cela reviendrait à dire qu’il suffit de parler pour être entendu : il y a un émetteur et un récepteur. Et si l’information ne passe pas c’est probablement de la responsabilité de l’émetteur ou du récepteur. C’est une logique « linéaire » : une action entraîne mécaniquement un effet, comme quand je tape dans un caillou je peux prévoir approximativement la distance à laquelle il va atterrir.
Cette logique linéaire « mécanique » s’avère insuffisante aujourd’hui pour aborder la complexité du monde et des organisations, où tout est interdépendant.
Une autre logique est apparue, circulaire, en biologie d’abord avec la notion d’écosystème, relayée, dans le domaine de la communication, par les travaux de l’école de Palo Alto.

Le passage de la logique linéaire, mécanique, à la logique circulaire peut être illustrée en reprenant le dessin précédent et en remplaçant le caillou, un objet inerte, par un être vivant. L’action que nous allons mener n’aura alors plus un effet mécanique car il y aura une part d’incertitude ; il sera alors plus difficile de prévoir la réaction de l’animal qui pourra être par exemple :

De la colère ou de la surprise :